Appel à Communication
(English version below)

Entre mobilité et sédentarité : des communautés pentecôtistes et évangéliques en Belgique à l’heure de la globalisation religieuse

Liège, 14 Novembre 2013

 

 

La prédominance et la problématisation de l’Islam dans les débats sur l’immigration tendent, en Belgique comme en Europe, à invisibiliser la pluralisation religieuse en cours dans nos sociétés. Pourtant, des recompositions autres se donnent à voir depuis quelques décennies, notamment dans le champ chrétien où, contrastant avec le déclin de l’Eglise catholique, on observe un dynamisme tout à fait inédit, à la faveur des migrations et de mouvements missionnaires (sud-nord et ouest-est) parmi lesquels, le pentecôtisme et plus généralement les mouvements évangéliques.

Considéré comme la principale transnationalisation religieuse du siècle passé, le pentecôtisme a connu une expansion spectaculaire en Afrique et en Amérique du sud depuis la fin des années 1960, laquelle participe du déplacement du centre de gravité du christianisme vers le sud depuis plusieurs décennies. Toutefois, à y regarder de plus près, force est de constater que ce centre est mobile et translocal eu égard aux dynamiques migratoires, missionnaires et au fonctionnement en réseau des Eglises. Les pratiques et discours religieux dès lors diffèrent non pas seulement en raison des différenciations doctrinaires (pentecôtiste, évangéliques, charismatiques, néo-pentecôtistes, etc.) mais de la place accordée par les collectifs religieux à l’ailleurs géographique et social qu’ils entendent conquérir ou auquel ils sont connectés.

Bien que les transformations récentes les plus importantes soient largement redevables des migrations intra-européennes ou transnationales, les communautés pentecôtistes européennes ont fait l’objet de mutations notamment sous l’effet de campagnes organisées par des évangélistes internationaux ou de retrait des missions nord américaines. Des Eglises belges à celles de migrants aux origines et référents propres, le paysage évangélique en Belgique apparaît désormais diversifié et atomisé, appelant à considérer des pentecôtismes et des groupes évangéliques irréductibles à un tout homogène.

Dans le cadre de cette journée d’étude, nous interrogerons les mutations religieuses en cours depuis les trois dernières décennies en Belgique en examinant les différents types de mobilité à l’œuvre : migrations, déplacements intra-européens et transformation d’Églises autochtones reflétant les incessantes circulations des évangélistes internationaux. Nous examinerons plus précisément la façon donc ces Églises mettent en tension communauté locale et globalisation religieuse, mobilité et sédentarité, appartenance locale et réseaux transnationaux.

 

  • De quelle manière la globalisation religieuse dont ces cultes participent, se reflète au niveau local ?
  • Comment les réseaux transnationaux, ou la référence symbolique ou imaginaire à un universalisme chrétien, recomposent l’appartenance au local, à la société globale, d’une part et au monde protestant, d’autre part ?
  • Entre volonté d’indépendance et demande de reconnaissance, le prosélytisme religieux fait-il frontière ou au contraire permet-il de traverser les frontières spatiales et sociales ?
  • Des dynamiques collectives aux logiques concurrentielles en passant par des formes de repli communautaire, quelle pluralisation religieuse se donne à voir dans le champ protestant belge ?
  • Quelles réactions et relations les Églises pentecôtistes et évangéliques suscitent-elles dans la société à l’échelle du voisinage, des institutions ou du politique ?

Les logiques de mobilités et de sédentarité de ces Églises pourront être abordées à partir de différents angles (stratégie d’implantation, recompositions religieuses, demande de reconnaissance locale, réseaux transnationaux, etc.), échelles (individus, Églises, communauté) ou rythmes (vie quotidienne, carrières religieuses et migratoires, temps institutionnel). Une attention toute particulière sera apportée aux interactions de ces Églises entre elles, avec les autres confessions religieuses et plus généralement avec la société globale.

Cette journée d’étude ouverte aux chercheurs de différentes disciplines permettra de dégager les tendances majeures du paysage pentecôtiste en Belgique et de constituer un groupe de travail afin de favoriser des rencontres régulières entre chercheurs travaillant sur les mouvements pentecôtistes et évangéliques de Belgique.

 

Les propositions de communication d’environ 350 mots peuvent être envoyées avant le 30 juillet à Sarah Demart eb.ca1560930442.glu@1560930442trame1560930442d.har1560930442as1560930442 ou Elisabeth Mareels eb.ni1560930442avuol1560930442cu@sl1560930442eeram1560930442.hteb1560930442asile1560930442

 

 

 

Between mobility and sedentarity: Pentecostal and Evangelical communities in Belgium in a context of religious globalisation

 Liège, 14 November 2013

 

 

Both in Belgium and in Europe, debates about immigration are generally dominated by a problematized Islam which tends to overshadow the current religious pluralisation in our societies. However, since several decades multiple forms of religious recomposition have been taking place, in particular within the Christian field. In contrast with the decline of the traditional churches, a new dynamic can be observed as a consequence of migration and missionary movements (South-North and West-East), such as Pentecostalism(s) and more generally Evangelical movements.

Pentecostalism(s) can be considered the main form of religious transnationalisation of the last century, with spectacular expansion in Africa and Latin America from the end of the 1960’s on. Due to this phenomenon, the centre of gravity of Christianity seems to have moved South in the last decades. But when we take a closer look, we are compelled to consider this centre as mobile and translocal as a consequence not only of migratory and missionary dynamics, but also of the networking logics of these churches and the increasing use of online and mobile communication technology. As such, religious practices and discourses differ due to both doctrinal diversity (Pentecostal, Evangelical, Charismatic, Neo-Pentecostal, etc.) and to the place given to geographic and social otherness, which one hopes either to conquer or to connect to.

Although the most dramatic recent transformations are largely due to intra-European or transnational migrations, European Pentecostal communities have also been influenced by campaigns of international evangelists or the retreat of North-American missionaries. Whether Belgian or migrant Churches, all have their peculiar origins and references, which make the current evangelical landscape in Belgium both diversified and atomised. As a result, it should be properly considered a plurality of Pentecostalisms and evangelical groups, which is irreducible to a homogeneous whole.

During this study day, we aim to discuss the religious mutations that have occurred in Belgium during the last decades, through different forms of mobility: migration, intra-European mobility and the transformation of native Churches. In particular, we will examine how the tension between local community and globalisation, mobility and sedentarity, local belonging and transnational networks are brought about by these Churches.

  • How does religious globalisation, to which these communities participate, reflect on the local level?
  • How do transnational networks, or the symbolic or imaginary reference to Christian universalism, recompose the belonging to the local, to the global society, and to the Protestant world?
  • Between will for independence and quest for recognition, does religious proselytism build up walls or does it enable to cross spatial and social boundaries?
  • How do churches and believers interrelate in this pluralizing Belgian Protestant field (collective dynamics, competitive logics, communitarian enclosure…)?
  • Which reactions and relations do Pentecostal and Evangelical Churches generate in society on the level of neighbourhood, institutions, or politics?

 

The logics of mobility and sedentarity of these Churches may be approached from different angles (strategy of implementation, religious recomposition, request to local recognition, transnational networks, etc.), levels (individuals, Churches, community) or temporalities (day-to-day life, religious and migratory carriers, institutions). Special attention will be given to interactions between Churches, with other religions, and with society at large.

This study day is open to researchers in all disciplines which focus on all parts of the country. It aims to draw up the major tendencies in the Pentecostal and Evangelical landscape in Belgium and to set up a study group to enhance regular meetings with researchers who are working on Pentecostal and Evangelical movements in Belgium.

Proposals for a presentation of 350 words maximum should be sent before July 30, 2013, to Sarah Demarteb.ca1560930442.glu@1560930442trame1560930442d.har1560930442as1560930442 or Elisabeth Mareels eb.ni1560930442avuol1560930442cu@sl1560930442eeram1560930442.hteb1560930442asile1560930442. Presentations will be given in either English or French.

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