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Les doyens de l’immigration: Le troisième âge immigré en Wallonie et à Bruxelles

Nathalie Perrin

Academia-Bruylant, Louvain-la-Neuve, 2009.

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 » On a fait appel à des bras et ce sont des êtres humains qui sont venus « , et pour continuer la sentence de l’écrivain suisse Max Frisch qui indiquait que l’immigration était et est, avant tout, une problématique humaine, on pourrait dire que ces êtres humains sont restés et ont vieilli.
Dans les années 1970, certains pensaient qu’une fois le pactole amassé et le travail manquant, les immigrés rentreraient chez eux. Ils sont restés. Et puis, on les a oubliés, pour ne parler que de leurs enfants, ces fameuses deuxième, troisième, quatrième générations. Voici l’une des premières recherches menées sur la question en Belgique, résultat d’une étude menée en 2004 en Wallonie et à Bruxelles, revue et enrichie en décembre 2007.
L’hypothèse de départ est que les immigrés âgés connaissent les mêmes difficultés et problèmes que les autres personnes âgées, en particulier celles appartenant à un milieu social comparable. Ce qui les en différencie, cependant, c’est l’ignorance dont ils font l’objet de la part des institutions et des autorités publiques. Cette étude propose ainsi une revue de la littérature existante sur le sujet en Belgique, une série de données et d’analyses statistiques, les principales caractéristiques de cette population établie à partir d’entretiens et propose des pistes de réflexion pour une meilleure prise en compte du vieillissement des personnes immigrées de Belgique.

Nations and their Histories. Constructions and Representations. Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2009.

François Gemenne


Géopolitique du Changement Climatique. Paris, Armand Colin, 2009.

François Gemenne


Récits de vie des exilés iraniens. De la rupture biographique à la nouvelle identité

Nader Vahabi

Nonobstant l’emploi de plus en plus fréquent du récit de vie, depuis une trentaine d’années en France, certains sociologues s’interrogent encore sur le bien-fondé de son utilisation, interrogation qui induit notre problématique : Qu’est-ce que le récit de vie ? Existe-t-il une différence entre récit de vie et autobiographie ? Quelle confiance accorder à ce que déclarent les agents au moment de raconter leur vie ? A travers ces récits, peut-on parvenir à la compréhension sociologique d’un phénomène social, quand bien même les récits constituent des mémoires politiques ?

Arrachés brutalement à leur famille, à leur milieu social et politique et à leur pays à cause de la répression massive survenue à la fin du printemps de la révolution iranienne de 1979, les exilés interviewés ont été brutalement projetés dans une situation de « no man’s land », ballottés au gré des aléas des errances, exposés à la grande précarité matérielle et à son cortège de souffrances. Tentant de s’en sortir par le recours à un nouveau statut, celui octroyé par la carte de réfugié politique, ils ont déclenché un processus de resocialisation dans un environnement dont ils connaissaient mal les ressorts et se sont alors trouvés face à un ensemble complexe de modèles d’intégration dont l’adoption allait transformer progressivement leur identité sociale et politique.

 


La migration iranienne en Belgique-Une diaspora par défaut

Nader Vahabi

Comment la carrière migratoire des Iraniens en Belgique se construit-elle dans le temps en chevauchant des lieux « expéditeurs » différents, des zones géographiques de no man’s land, des lieux « de transit », des trajectoires « d’accueil » imprévisibles ainsi qu’un ensemble complexe de réseaux impliquant un très grand nombre d’acteurs ? Comment se positionnent les individus face à une telle rupture biographique et identitaire ?

Lors de deux moments saillants de la migration iranienne, l’un au début des années 1980 et l’autre à l’aube de l’an 2000, une immense vague de migrants frustrés par l’absence d’espace de liberté, rejetés du corps de la société iranienne et recherchant un salut social dans un pays hôte, s’est déversée sur le royaume belge.

L’enquête réalisée entre décembre 2008 et juillet 2010 auprès de 38 migrants iraniens propose une analyse de la « trajectoire » et de la « carrière » développées au sein de l’espace social et culturel dans lequel les individus se sont échoués. La plus grande partie de la diaspora iranienne en Belgique est une diaspora par défaut, un archipel de collectivités dispersées sur un territoire qu’elles n’ont pas choisi, affamées de liberté, fortement éparpillées et peu communautaristes, ce qui, en fait, facilite l’intégration dans la société belge.


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