Cet article a été rédigé par David Manfredini, étudiant en journalisme à l’Université de Liège.

Ce jeudi 25 octobre a débuté, dans les amphithéâtres universitaires de l’Opéra, le colloque « Entre le jeu et le joueur : écarts et médiations » consacré au jeu vidéo et organisé par le Liège Game Lab.

Durant trois jours, une trentaine de chercheurs et chercheuses venus.es de France, de Suisse, du Canada, et de Belgique, vont se rencontrer, partager leurs recherches et… apprendre. Mais cet apport international n’est pas réservé uniquement aux chercheurs.euses. L’événement est ouvert au public et nous nous sommes tournés vers ce dernier afin de recueillir les attentes, les découvertes, et les impressions de ces visiteurs.euses lors de ce premier jour de colloque. Une audience composée de passionné.e.s mais également de curieux.ses ; certains.es moins à l’aise avec les jeux vidéo et d’autres habitués.es à ceux-ci.

C’est à travers cinq participants que vous pourrez en apprendre plus sur cet événement, découvrir la diversité du public qui a été attiré par celui-ci, et l’attrait que peut revêtir le jeu vidéo pour eux, mais également pour la recherche et le grand public.

Sarah Chauvin : 24 ans – Etudiante en Master à l’Université Paris Sorbonne.

« J’étudie les rapports entre littérature et jeux vidéo et j’aimerais potentiellement écrire une thèse dans les Game studies, ce milieu m’intéresse donc fortement. Je suis allée récemment à Paris, au colloque ENS sur les « Littératures du jeu vidéo« . Je suis également allée au colloque qui s’est tenu il n’y a pas très longtemps sur la culture populaire, où Fanny Barnabé était présente elle aussi.

Je m’intéresse particulièrement à l’immersion et à l’engagement, donc pour moi, ce panel-là était très intéressant, mais je veux également en apprendre plus sur tout ce qui se passe autour du jeu vidéo, au niveau du méta jeu… Globalement tout m’intéresse.

Je baigne un peu dans le milieu, donc je trouve les conférences assez accessibles.

L’ambiance est très agréable, c’est très chaleureux.

Je pense que la présence des jeux vidéo au sein de l’Université est une très bonne chose, et je trouve très bien que ce soit en expansion et qu’il y ait de plus en plus d’études et d’événements de ce genre organisés. »  

Fouad Qaddouri : Presque la soixantaine – Enseignant dans le secondaire supérieur à l’Athénée Maurice Destenay – Ancien élève de l’Université de Liège.

« J’utilise beaucoup ce qu’on appelle l’EPM, c’est-à-dire l’Education Par les Médias, et je fais aussi de l’AM, de l’Education aux Médias. Ce colloque m’intéresse puisque c’est très proche de mes pratiques enseignantes.

Comme je suis enseignant, je ne pourrai pas assister à toutes les séances, je dois donner cours, mais je vais essayer d’en voir un grand nombre.

Je ne connais pas les intervenants.es, mais le panel est varié, ça devrait être intéressant. On a des intervenants.es étrangers d’autres universités, qui viennent partager avec nous cette expérience de la façon dont cela se déroule au-delà de nos frontières.

Dans mes cours, je suis pour l’utilisation des nouvelles technologies. J’invite mes étudiants à faire des recherches avec leurs smartphones pendant mon cours, je suis très ouvert aux médias. Je trouve que c’est très intéressant de s’ouvrir aux jeux vidéo parce qu’il y a moyen de faire énormément de choses, notamment avec la réalité virtuelle qui apparait de plus en plus. C’est très enrichissant.

Jusqu’à présent, j’ai appris beaucoup de choses, surtout lors de la première intervention, celle de Maude Bonenfant, il y avait tout un bagage technique que je ne connaissais pas, et ça m’a appris beaucoup. Je ne suis pas très fort dans les jeux, mais tous mes étudiants jouent et donc, pour moi, entrer un peu dans ce milieu-là, ça me permet d’avoir une autre approche avec mes élèves.

Les exposés sont un peu techniques, je pense qu’il faut tout de même déjà posséder un bagage bien approprié à ce genre de colloque, je me retrouve parfois dépassé parce que je ne maitrise pas ce langage, mais j’apprends. »

Thomas Dedieu 26 ans – Doctorant à l’Université de Louvain.

« C’est via Twitter que j’ai appris la mise en place de cet événement, grâce à d’autres doctorants que je suis, dont Fanny Barnabé et Julie Delbouille.

J’ai terminé cette année un master en romane et je viens de commencer un doctorat à l’Université catholique de Louvain en narratologie, orienté jeu vidéo. Le sujet sur les écarts et médiations entre joueur et jeu est d’un grand intérêt pour moi, car mon espoir est de tirer un maximum d’enseignements sur les relations jeu – joueur, et comment cela aide au développement et à l’expérience du récit vidéoludique, principalement dans le jeu narratif.

Au niveau des intervenants, beaucoup m’intéressent, notamment Rémi Cayatte, Esteban Giner ou Dominic Arsenault qui sont des auteurs dont j’ai déjà consulté certains articles.

Je trouve que la mise en place de ce genre de colloque est important, parce que c’est un moyen de communication culturelle qui est vraiment de plus en plus présent. Les méthodes du jeu vidéo commencent à être adoptées dans pas mal de pratiques sociales : dans le milieu du travail, dans la propagande… Etudier les médiations entre jeu et joueur, c’est vraiment important et je pense que l’Université ne peut pas passer à côté de ça. »

Gérome Fauguen – 34 ans – Professeur en Haute École.

« En tant que professeur de médias à la Haute École, je dois former de futurs enseignants et nous réfléchissons à de nouvelles pratiques, notamment les Serious Games. Nous essayons d’en apprendre plus sur ces projets qui seraient intéressants à intégrer dans les pratiques pédagogiques.

C’est la création de jeu vidéo qui m’intéresse : essayer de mettre en place des projets où les étudiants créeraient eux-mêmes des jeux vidéo, ou l’accompagnement en classe comme vient de le mentionner Maude Bonenfant avec ClassCraft.

Je pense que la mise en place d’études sur le jeu vidéo a mis du temps mais est essentielle. La littérature sur le sujet reste limitée, et il est temps qu’on s’y intéresse, car c’est un média qui est de plus en plus transversal, qui touche de plus en plus de générations et dont on ne parle pas assez en général. »

Max Morgan : 25 ans – Etudiant en Philosophie.

« Je suis avant tout là parce que j’aime les jeux vidéo, j’ai participé et vraiment apprécié les cours de jeu vidéo qui se donnaient en marge de la mineure en cultures populaires, et qui sont vraiment extrêmement intéressants et qui nous mettent en contact avec des grosses sommités du jeu vidéo francophone.

Mon petit plaisir personnel, c’est de travailler sur le jeu vidéo, ce que j’essaie d’ailleurs de faire avec mon Travail de Fin de Cycle. J’aimerais également faire mon mémoire sur l’e-sport. Le fait de parler d’espace et de corps m’intéresse aussi car, pour moi, c’est un élément un peu oublié dans le jeu vidéo. On a l’impression que c’est juste un cerveau qui est connecté à un clavier alors qu’il y a une autre interface, un investissement corporel qui est là.

Je suis très curieux par rapport à la présentation de Rémi Cayatte sur le « non-jeu« , qui m’avait l’air assez intriguant.

Pour moi, la montée du jeu vidéo au sein de l’Université, c’est vraiment génial, l’Université a enfin eu la présence d’esprit d’intégrer un médium qui prend de plus en plus de place. »

Pour plus d’informations sur les différents sujets évoqués, des captations ont été réalisées des différentes présentations et seront disponible sur ce site prochainement.

David Manfredini