Le 23 octobre prochain aura lieu la 6e journée d’étude du groupe de contact FRS-FNRS « Belgique et mondes contemporains ». Intitulée « Histoire coloniale, histoire africaine », la journée sera consacrée aux recherches en cours en histoire coloniale et africaine.
À cette occasion, nous avons demandé à l’une de ses organisatrices, Patricia Van Schuylenbergh, chef de service Histoire & Politique au Musée royal de l’Afrique central et organisatrice pour le MRAC, de nous présenter l’organisme et les différents projets menés dans ce cadre.

Une nouvelle Journée d’étude du groupe de contact F.R.S.-F.N.R.S. « Belgique et Mondes contemporains » se tiendra à BOZAR (Bruxelles) le 23 octobre prochain. Cette journée vise à mettre en évidence les travaux en cours ou finalisés de jeunes chercheurs et de chercheurs seniors issus des universités belges, francophones et néerlandophones, et étrangères, qui renouvellent de manière originale l’historiographie coloniale belge et post-indépendante de l’Afrique centrale.

Depuis 2009, année de création du groupe de contact, elle est la 6e édition du genre qui alterne chaque année les états de la recherche sur les relations contemporaines, soit de la Belgique avec d’autres espaces régionaux et nationaux européens, soit de la Belgique avec d’autres régions du monde, comme c’est le cas pour l’Afrique sub-saharienne. Présidé par le professeur émérite de l’UCL, Michel Dumoulin et secondé par la professeure Catherine Lanneau de l’ULg, le Groupe constitue un réseau qui se renouvelle et une plateforme de diffusion des informations les plus récentes relatives à ces champs de recherche.

L’Afrique centrale, et en particulier l’ex-colonie belge démontre que des intérêts disciplinaires variés s’y attachent. Ce terrain, qui n’est pas délaissé et est, au contraire, réinvesti par les jeunes générations de chercheurs, laisse à penser que les événements actuels qui s’y déroulent et qui dépassent bien souvent ses frontières, questionnent et inspirent de nouvelles attractivités, politiques, économiques, artistiques tout comme de nouvelles analyses orientées par les enjeux de nos sociétés contemporaines.

Ainsi, les deux journées d’études consacrées à l’Afrique centrale (La Belgique et l’Afrique. Aggiornamento historiographique, UCL, 7 mai 2011 ; Nouvelles études congolaises, MRAC, Tervuren, 4 février 2012) ont mis l’accent tout autant sur les questions de la violence coloniale que de son contrôle par l’appareil judiciaire, tout autant sur l’usage de l’individu colonisé, à des fins scientifiques, notamment, que sur la position de la colonie face aux défis de l’ordre international du milieu du 20e siècle. L’ensemble de ces communications ont d’ailleurs fait l’objet d’un ouvrage, édité dans la collection « Outre-Mers » chez P.I.E. Peter Lang (P. Van Schuylenbergh, C. Lanneau, P.-L. Plasman (dir.), L’Afrique belge aux XIXe et XXe siècles. Nouvelles recherches et perspectives en histoire coloniale, Coll. Outre-Mers, vol.2, P.I.E. Peter Lang, Bruxelles-Bern-Berlin, 2014, 281 pages).

Cette 3ème journée confirme ces tendances avec des apports sur la science juridique par le biais de la biographie et sur la question de l’éthique coloniale de la « mission civilisatrice ». Commémoration oblige, elle se penche aussi plus particulièrement sur les incidences sociales et surtout sanitaires que le conflit engendre à l’égard des troupes et des populations civiles et les traces mémorielles de la Grande-Guerre en Afrique centrale, ainsi que sur les conséquences de celle-ci sur les relations bilatérales entre deux pays-frères. Elle met également en lumière deux aspects tout à fait inédits de la recherche : le système de la taxation qui éclaire une importante source du revenu colonial et les relations entre passé et présent pour comprendre la crise agricole que vit actuellement la République démocratique du Congo.

Le MRAC, l’UCL et l’ULG sont les partenaires de cette journée.

 

Le programme de la journée est disponible ici.

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