Couverture-OuvrageJoao Corrêa, auteur belgo-portugais de films de long métrage, vient de publier un ouvrage sur Aristides de Sousa Mendes. Il a déjà consacré un film à ce diplomate qui a sauvé de nombreuses vies au début de la Deuxième Guerre mondiale (voir Le Consul de Bordeaux).

L’ouvrage qu’il vient de publier est l’occasion de retracer les différentes initiatives prises par le réalisateur afin de faire connaître le Consul de Bordeaux au grand public. Outre une biographie d’Aristides de Sousa Mendes, on croise dans l’ouvrage le parcours du réalisateur ainsi que quelques témoignages de Jack Lang, Jacques Toubon, du Baron de Vleeschauwer, de Robert de Bauw ou encore de Marc d’Août. Cet ouvrage constitue une invitation à mieux comprendre un type d’action diplomatique durant la Seconde Guerre mondiale.

Courte biographie d’Aristides de Sousa Mendes

Aristides de Sousa Mendes est né le 19 juillet 1855. Il est issu d’une puissante famille aristocratique, possédant de nombreux domaines terriens, riche et profondément catholique. Il est nommé Consul général à Anvers (1929-1938) et accrédité comme Consul au Grand-Duché du Luxembourg. En 1938, António de Oliveira Salazar le nomme Consul général du Portugal à Bordeaux, avec la responsabilité des Consulats de Toulouse et de Bayonne. À partir de 1939, il émet des faux passeports et accorde des visas. Le 4 juillet 1940, António de Oliveira Salazar ordonne l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre l’acte de désobéissance du Consul de Bordeaux.  Aristides de Sousa Mendes est relevé de ses fonctions. En moins de dix jours, le bilan du sauvetage réalisé par Aristides de Sousa Mendes avec l’aide de son épouse et de deux de ses enfants est de 32.000 à 34.000 visas délivrés. On estime à 30.000 le nombre de personnes sauvées. Parmi les personnes concernées, on trouve notamment les membres du Gouvernement belge : le Premier ministre Pierlot et les Ministres Van Zeeland, Gutt et Jaspar. On trouve également la Grande-Duchesse Charlotte de Luxembourg ainsi que Joseph Bech. Le 30 octobre 1940, après le procès politique inique, le verdict tombe : Aristides de Sousa Mendes est rayé de la carrière diplomatique, son traitement est réduit de moitié et ses appointements au quart sans les indemnités habituelles, avec l’incapacité professionnelle de diriger un Consulat. Aristides de Sousa Mendes meurt le 3 avril 1954 à l’hôpital du troisième ordre de Saint-François dans le plus grand dénuement. Le 18 octobre 1966, l’Institut Yad Vashem l’honore à titre posthume en le nommant Juste parmi les Nations.

Source : Corrêa Joao, Sousa Mendes. Le Consul de Bordeaux. Regards sur la Belgique et l’Europe au xxème siècle, Bruxelles, Orfeu, 2016, pp. 103-134.

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