L’initiative Re-Bel vient de publier son 15e e-book, intitulé Belgium’s Diverging Memories. Is this so ? If so, why ? And is it a problem ? Dirigé par Bruno De Wever (UGent), cette publication rassemble les contributions de Maarten Van Ginderachter (UA), Ann Roekens et Axel Tixhon (UNamur), Nico Wouters (Cegesoma) et Laurence van Ypersele (UCLouvain). Le document est téléchargeable ici.

Résumés

Maarten Van Ginderachter, La Belgique: trop de passés, trop de mémoires ?

Même si les identités nationales constituent un phénomène récent sur le plan historique, elles s’appuient sur une “mémoire longue ”. Au 19ème siècle, l’identité belge se projetait jusqu’au Moyen Âge. La même règle s’appliquait à une identité flamande, qui est cependant devenue antagoniste de l’identité belge dans le courant du 20ème siècle et qui a donc également engendré une mémoire flamande distincte qui n’était plus compatible avec la mémoire belge. Au cours de la dernière décennie, la mémoire nationaliste flamande a acquis une position dominante, dépeignant la Flandre comme victime de la Belgique. Il n’est absolument pas certain que le processus de mondialisation tende à diminuer ces antagonismes nationalistes. La mondialisation et le nationalisme ne s’excluent pas réciproquement.

Ann Roekens & Axel Tixhon, Pauvre Flandre – Riche Wallonie (ou vice versa)

Depuis la crise charbonnière des années 1950, l’identité (médiatique) wallonne s’est construite autour de l’image d’une « Wallonie pauvre » face à une « Flandre riche ». Afin de comprendre la prégnance de cette image dans les médias actuels tant francophones que néerlandophones, cet article se penche sur deux types de discours audiovisuels dans leurs contextes de production et de réception. À travers l’analyse, d’une part, du film de Henri Storck et Joris Ivens,  Misère au Borinage (1933) et, d’autre part, du traitement télévisuel de la grande grève de l’hiver 1960-1961, il met en évidence quelques évènements et images qui ont agi dans la construction de cette identité et la manière dont ces stéréotypes ont évolué.

Nico Wouters, La paix est bonne, la guerre mauvaise. Réflexions sur les commémorations belges et sur la politique de la mémoire

En Belgique, les différentes entités fédérées organisent chacune les commémorations du centenaire de la Grande Guerre. La mémoire de guerre est utilisée pour valoriser la « marque » Flandre ou celle de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Paradoxalement, les messages sont très similaires : un rejet émotionnel de la guerre et un plaidoyer pour la paix internationale. La “marque” Belgique, initialement absente des commémorations, demeure à l’arrière-plan, alors même que la thématique de la Première Guerre offre tous les éléments nécessaires à une revitalisation de la nationalité belge. L’absence d’une politique mémorielle forte se faisait déjà sentir en Belgique dans l’entre-deux-guerres. Ceci pose la question du rapport entre la politique mémorielle d’un Etat et le consensus sociétal relatif au passé. Une perspective internationale comparée avec d’autres démocraties parlementaires européennes démontre que les tentatives d’imposer une mémoire nationale d’en haut sont rarement couronnées de succès sur le long terme. La Belgique n’est pas une exception à cet égard.

Laurence van Ypersele, La première guerre mondiale, nouveau champ de bataille ?

Entre les tenants du rôle citoyen de l’historien et ceux du rôle d’analyste de la société, les débats font rage. Pour alimenter cette réflexion, cette contribution entend retracer les préparatifs des commémorations du centenaire de la Grande Guerre du côté belge francophone, avec ses objectifs, ses valeurs et ses initiatives.

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