À la Citadelle de Liège, juste avant le point de vue sur la vallée, vous voyez, sur votre droite, une flèche en marbre blanc adossée au mur d’enceinte et portant trois noms : il s’agit de la flèche commémorative de l’endroit exact où mon père et ses deux amis, arrêtés par les Allemands pour faits de Résistance et condamnés à mort, se sont évadés et ont, pour ce faire, le 27 janvier 1942, dégringolé au bout d’une corde (ou sauté pour mon père), les 12 mètres de haut de ce fameux mur !

jCe livre – rédigé sur base des huit cahiers autobiographiques du héros – relate les aventures de trois amis, Georges Gadisseur, Georges Bechoux et Robert Gendarme (tous trois, d’une trentaine d’années) qui se sont distingués, en 1940/41, par des hauts faits héroïques de Résistance à l’occupation allemande. Sont ici racontés :

En 1940, évacuation massive vers la France – Retour au pays – Premiers actes dans la Résistance à Seraing (dont le sabotage des pylônes de la Centrale Electrique de Rotheux-Rimière) – Arrestation (23 juillet 1941) – Emprisonnement –  Interrogatoires à la Citadelle et au Palais de Justice de Liège – Vie quotidienne en cellule (une foule de petits détails) – Soirées divertissantes que les prisonniers s’inventaient – Contacts avec les gardiens – Condamnations à mort –  Exécutions – Folle évasion des trois amis (20 janvier 1942) – Long périple de 6 mois qui va les conduire jusqu’à Londres.

Suivent des flashs sur le séjour londonien qui s’ensuivit (12 juillet 1942 au 19 novembre 1944), pour ces trois « Evadés de la Citadelle », les « Trois morts chantant », comme on les surnommait en prison.

Ce livre parle donc principalement de mon père, Georges Gadisseur, arrêté avec ses deux amis, à son domicile. Roués de coups, emprisonnés à la Citadelle de Liège, condamnés tous les trois à mort, ils vont vivre en cellule jusqu’au 19 janvier 1942, date à laquelle, se retrouvant un peu par hasard tous les trois dans la même cellule, ils vont, après une longue préparation et la complicité des familles, s’évader en pleine nuit, au nez et à la barbe des Allemands (barreau scié). Il leur faut, entre autres et à tour de rôle, descendre les 12 m de hauteur du mur d’enceinte de la Citadelle ! Quand vient le tour de mon père, la corde a cassé ! N’en reste qu’un tout petit bout ! C’est le saut de 11 mètres ! Malgré les terribles douleurs qu’il ressent au dos et à la hanche (pour lesquelles il sera hospitalisé à Londres durant plusieurs semaines et soigné durant de longs mois), il descend les jardins de Pierreuse : un brave couple âgé lui laisse traverser sa maison pour rejoindre la rue du même nom. Pris en charge par le réseau de Résistance liégeois, il retrouve ensuite ses deux amis hébergés, comme lui, chez de courageux Liégeois pro-résistants, et, avec l’aide de ces braves, ils finiront par prendre le train à la gare des Guillemins, pourtant étroitement surveillée par les Allemands !

Aventures – parfois rocambolesques – de Liège à Marseille : en train, à pied dans la neige (l’hiver 42 fut extrêmement rude… mourant de faim, ils mangeront même de la neige !), passage de la ligne de démarcation en France puis – erreur ! – retour en zone occupée où ils se feront tirer dessus…

Séjour de quelques mois à Marseille… Envoyés ensuite au Portugal, puis en Espagne, c’est de Gibraltar qu’ils embarqueront sur un bateau qui les emmènera jusqu’à Londres… où, parce que recherchés par les Allemands en Belgique, ils resteront jusqu’en novembre 1944.

Là-bas, prise en charge par l’État belge en exil, incorporation à la Sûreté de l’Etat pour mon père où il sera nommé lieutenant, la RAF pour Georges Bechoux et un poste d’organisateur de spectacles  à l’intention des soldats belges expatriés pour Robert Gendarme.  De plus, pour Georges Gadisseur,  plusieurs passages à la BBC (« Ici, Londres ») où il devient un lecteur privilégié de rôles de personnages de pièces de théâtre et de ses propres discours à l’intention des résistants belges restés au pays ; enregistrements de plusieurs disques patriotiques sur l’antenne de la BBC ; entrevues avec de hauts personnages, tels Mme Franklin Roosevelt, Mr Rolin sous-secrétaire d’Etat, les ministres Delfosse, Wauters, Hoste et encore…

Mouvements d’avions vers le continent, bombardements de Londres par les V1, mais, malgré cela, promenades dans la ville, achats de coupons de tissus de qualité (pour la famille, à son retour au pays), cinéma, concerts, théâtre, football…

Et, finalement, en novembre 1944, le retour au foyer où l’attendent sa femme et ses 4 petits enfants dont la plus petite (6 ans en 1944) ne le reconnaît pas !

La partie la plus conséquente de ce livre raconte, évidemment, la vie en cellule : cela fourmille de détails de la vie quotidienne : contacts entre prisonniers, avec les gardiens, formation d’un Cercle d’Etudes, ravitaillement apporté par les familles lors des visites, partage entre prisonniers… cachettes improvisées et super-ingénieuses pour passer des messages : entre caoutchouc et bouchon des bouteilles de lait (modèle ancien), dans pain ou gaufre (trou étroit fait avec un crayon), dans le carton des colis (épaisseur du carton divisée en 2 pour y glisser des messages puis recollage (la colle = parfois mélange de chocolat et de sucre) et encore……

Mais – hélas aussi ! – description du jour horrible où, derrière leurs barreaux, les prisonniers, le cœur tout retourné, regardent passer deux de leurs camarades qui, escortés de soldats, s’en vont vers le peloton d’exécution…! Le bruit de la fusillade…! Les larmes impuissantes… les poings vengeurs…! Ce sera la première exécution parmi leur petit groupe ! Pour les suivantes, les gardiens les enfermeront dans les couloirs intérieurs pour qu’ils ne voient et n’entendent pas l

Et puis – primordial  pour le moral ! –, les écrits (poèmes et prose) de Auguste Garray, poète wallon qui compose aussi bien des chansonnettes humoristiques que des poèmes nostalgiques : ces écrits vont animer les soirées récréatives que les prisonniers s’organisent, de cellule à cellule… Sans oublier les très beaux poèmes que mon père (qui va apprendre à lire et à écrire le wallon en prison) va adresser à sa femme, à ses quatre enfants et à sa Patrie !

Le plus beau de ces poèmes : « Li p’tit bouquet », il va le composer pour remercier ma petite sœur qui le lui avait offert (elle possède encore ce petit bouquet, séché, et qui a voyagé de Liège à Londres, puis de Londres à Liège).

Ce livre comprend photos et documents d’époque.

Par Annie Gadisseur

Pour achat, 24 € + 3,50 € de frais d’envoi et d’emballage, en librairie ou à commander à

Annie Gadisseur,

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Membre S.R.A.H.V.-VISE

Guide diplômée Grand Tourisme de la Ville de Liège, Office de Tourisme et Grand Curtius

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