« Métallos et degraisseurs », tel est le nom d’une pièce de la Compagnie Taxi-Brousse qui interroge la mémoire d’anciens métallurgistes de Sainte-Colombe (France). Cette pièce qui se veut être « l’histoire de la grandeur et de la décadence de la métallurgie française » est marquée politiquement (1). Elle analyse le processus d’internationalisation de la finance à partir de l’histoire de sept générations de tréfileurs, anciens ouvriers de l’usine.

Cette pièce se base sur toute une série d’entretiens auprès d’anciens ouvriers, d’ouvriers actuels et de quelques encadrants. Mais porter sur les planches cent cinquante ans d’histoire n’est pas chose aisée. Pour y arriver, il a été nécessaire de fonctionner sur le mode des archétypes en dichotomisant la vie des ouvriers entre la famille et l’usine. Cette pièce, c’est aussi l’évocation de la vie à l’usine et notamment des sons qui y sont inhérents. Elle s’accompagne donc d’un travail de création musicale qui offre une réappropriation de la mémoire de l’usine.

Cette initiative sur la mémoire ouvrière propose donc un spectacle en combinant mémoire et politique sur un thème d’une riche actualité, en mettant en avant le sens qui peut être donné à un certain passé et à sa mémoire.

(1)    On lira l’entretien de Patrick Grégoire (consulté le 13 janvier 2012).