L’école est un lieu de socialisation où cohabite une pluralité de mémoires collectives. Les programmes scolaires garantissent la transmission de la mémoire officielle. D’autres mémoires collectives peuvent toutefois être également portées par des élèves et des professeurs. Cela entraine une concurrence mémorielle. Ce constat peut notamment être posé en ce qui concerne la transmission de la Shoah en Belgique. Ce fait traumatisant fait l’objet d’un apprentissage à partir des programmes officiels. Mais, il est parfois remis en cause, notamment par des jeunes qui ne sont pas d’origine belge, porteurs d’autres mémoires, et qui souhaiteraient que l’on parle également d’autres faits historiques. Qu’en est-il réellement ? Afin d’analyser ce processus de concurrence au sein du milieu scolaire, la contribution – présentée dans le cadre de la 7e Conférence générale de l’European Consortium for Political Research propose d’analyser les discours de jeunes aux origines nationales multiples par rapport à la thématique de la Shoah. Pour ce faire deux focus groups ont été réalisés avec des jeunes âgés de seize à dix-huit anClasses. Ces deux groupes se distinguaient essentiellement par l’origine nationale des élèves. L’analyse des discours permettra de voir s’il y a une concurrence entre des mémoires collectives différentes et dans quelle mesure des arguments politiques sont mobilisés par les jeunes.

La contribution peut être téléchargée ici.

The school is an agent of socialisation in which coexists a plurality of collective memories. The curriculum ensures the transmission of official memory. However, alternative collective memories might also be discussed by students and teachers. This leads to a competition of memories. More specifically, this observation may be made regarding the transmission of the Holocaust in Belgium. This emotional historical fact, classically taught according to the official curriculum, is nevertheless sometimes questioned. This is for example the case for non-Belgian students, who consider other possible memories and want to discuss about these. In order to analyze this possible competition between collective memories, we explored the speeches of young from multiple national origins in relation to the topic of the Holocaust. Two focus groups, differing on the basis of the national origin of the participants, were conducted with young students aged form sixteen to eighteen. The discourse analysis aimed at showing (1) if there is a competition between different collective memories, and (2) to what extent political arguments are mobilized by the students.