En Europe, le secteur des organisations philanthropiques a évolué fortement au cours des dernières décennies, et la Belgique s’inscrit dans cette tendance. Le panorama des fondations belges réalisé par Amélie Mernier montre que tant le nombre de fondations d’utilité publique que le nombre de fondations privées sont en augmentation sur le territoire belge. Le montant d’actifs gérés par ces acteurs est lui aussi de plus en plus important. Le secteur des fondations belges est par ailleurs qualifié d’hétérogène, que ce soit en termes de types de missions poursuivies, de modes d’action (operating et/ou grantmaking[1]) ou de ressources financières et humaines.

La diminution des ressources étatiques et la croissance des besoins sociaux et sociétaux suscite une concurrence accrue entre les organisations qui cherchent à lever des fonds. Les organisations philanthropiques, particulièrement les fondations « grantmaking », sont de plus en plus sollicitées par ces bénéficiaires. Ces dernières doivent dès lors préciser, voire repenser, leurs stratégies sur un marché en forte expansion. Elles doivent se positionner et disposer de critères précis.

Il nous apparaît dès lors important dès lors de mieux connaître les stratégies de ces organisations philanthropiques, en vue de soutenir le développement et la professionnalisation du secteur, dans la perspective d’une utilisation optimale des ressources disponibles.

Ce sont les objectifs fixés au travers de cette recherche[2], qui fait l’objet du doctorat d’Amélie Mernier. Elle interroge la nature et les déterminants de nombreux choix stratégiques : quel est le véhicule légal choisi pour l’action philanthropique ? Quel est le mode d’action mis en place?  Quel est le type de soutien octroyé (prêt, capital, don) ? Dans quel(s) secteur(s) d’activité l’organisation décide-t-elle d’être active ? Comment le soutien est-il organisé dans le temps ? Quelles sont les ressources transférées (financières, compétences, réseau,…) ?  Et au final, quels sont les facteurs qui déterminent ces différents choix ?


[1] L’activité « operating » signifie que les fondations opèrent elles-mêmes leurs programmes d’action; l’activité « grantmaking » signifie que les fondations allouent des dons à des organisations récipiendaires qui se chargent ensuite de la réalisation de projets et de programmes

[2] Le périmètre de cette recherche inclut les organisations sous statuts légaux de fondation d’utilité publique et de fondation privée avec un objectif d’intérêt public ainsi que les fonds hébergés.

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