Notre chercheuse répond à vos questions

A l’heure où les questions de durabilité, d’écologie mais également de mieux-vivre en milieu urbain sont considérées par l’opinion public comme des enjeux cruciaux, nombreuses sont les villes et communes qui développent des projets intelligents et durables sur leur territoire. Le but étant de répondre à ces nouvelles préoccupations, tout en assurant leur croissance et leur compétitivité.

C’est dans ce contexte que le Smart City Institute lance, pour la 3èmeannée consécutive, son baromètre annuel dédié aux territoires durables et intelligents parmi les communes belges. Cette nouvelle étude, dont les résultats seront divulgués à la rentrée académique, s’intéresse à un sujet porteur pour nos communes : l’attractivité territoriale.

Mais quel lien y-a-t-il au juste entre attractivité territoriale et ville intelligente ? Pourquoi avoir choisi cette thématique et quelle est l’utilité d’une telle étude pour votre commune ? Djida Bounazef, responsable du projet, répond à vos questions.

  • Depuis 2017, vous étudiez la compréhension du concept de Smart City (ville intelligente en anglais) par nos communes belges, ainsi que la manière dont elles se l’approprient. Quelle est la nouveauté que vous amenez, cette année, à travers cette nouvelle enquête ?

« En effet, les deux premiers baromètres que nous avons réalisés à l’Institut nous ont permis d’étudier, sur deux années, plusieurs points importants : la manière dont les communes belges perçoivent le concept de Smart City ; leur état d’avancement en la matière, mais également la façon dont elles mettent en place -ou pas- une démarche Smart City sur leur territoire (acteurs clés, moyens déployés, thématiques prioritaires, freins éventuels, etc).

Notre volonté, cette année, est non seulement de poursuivre sur cette voie, afin de continuer à mesurer la tendance ainsi que son évolution, mais aussi d’y apporter un regard neuf en étudiant, plus en profondeur, une thématique précise : l’attractivité territoriale. 

L’objectif de ce baromètre étant, in fine, de fournir aux villes et communes une information pertinente, c’est-à-dire qui rencontre leurs préoccupations du moment, mais aussi qui soit exploitable dans leurs réflexions et dans la définition de leurs propres stratégies. »

  • Attractivité territoriale et Smart City : A première vue, le lien entre les deux thématiques peut ne pas sembler évident. Pouvez-vous nous expliquer quels sont les éléments qui vous ont amenés à étudier la dynamisation des villes pour cette 3ème édition du baromètre ?

« La nature intrinsèque des missions menées par le Smart City Institute implique que nous soyons en permanence en contact avec les acteurs de terrain, qu’ils soient privés ou publics. Cela nous permet d’être constamment conscients des préoccupations et défis auxquels ils font face. Sur base de ce que nous avons pu observer, le besoin de redynamiser les territoires fait partie des préoccupations actuelles. »

Par ailleurs, les résultats de notre baromètre 2018 montraient que la majorité des villes et communes belges s’inscrivant dans une démarche Smart City ont pour principal objectif d’améliorer leur image de marque et de renforcer une dynamique inclusive de acteurs publics, privés et de la société civile. Que ce soit pour attirer de nouvelles entreprises, pour développer le tourisme et la culture, pour renforcer la créativité et l’innovation ou pour attirer de nouveaux habitants, les villes repensent leur image de marque afin d’être de plus en plus attractives économiquement et socialement. 

La dynamisation des territoires est donc un enjeu important en Belgique et c’est pour cette raison que nous avons décidé d’étudier l’impact qu’une stratégie Smart City peut avoir sur la redynamisation du territoire. »

  • Autre nouveauté cette année : un concours est organisé dans le cadre de l’enquête. Pouvez-vous nous en dire plus ? Quel est le but de cette action ?

« En tant que référent académique de la Stratégie Smart Region dévelopée par Digital Wallonia, le Smart City Institute joue un rôle important dans la sensibilisation et la formation de l’écosystème aux défis que représente la ville de demain. Nous avons donc, dans cette logique, lancé cette année un concours.

En effet, suite aux multiples échanges que nous avons régulièrement avec les acteurs de terrain, mais également grâce à nos précédents baromètres, nous constatons qu’un travail reste à accomplir en ce qui concerne la clarification du concept même : Qu’est-ce qu’une Smart City ? Ou plutôt, qu’est-ce que ça n’est pas ? Ma commune est-elle vraiment concernée par tout ça ?

A travers ce concours, nous souhaitons donc répondre à ce besoin d’information, puisque les villes tirées au sort auront l’opportunité de bénéficier d’une séance de présentation des résultats de l’enquête, avec un focus particulier sur leurs spécificités. C’est une opportunité unique de rencontrer des experts Smart City, qui pourront sensibiliser et initier le personnel administratif, les élus communaux et, pourquoi pas, les citoyens aux enjeux de la Smart City au travers d’une séance de présentation, d’échanges et de débats. »

  • Et que diriez-vous justement aux villes et communes qui, à priori, ne se sentent pas concernées par les démarches Smart City et donc ce type d’enquête ?

Au-delà des idées reçues, une Smart City n’est pas forcément une grande ville dans laquelle la technologie est intégrée à l’ensemble des processus. Une Smart City, c’est surtout une ville qui met le citoyen au cœur de sa stratégie. Elle œuvre pour la mise en place de projets répondants à des besoins réels exprimés par l’ensemble de ses communautés locales, en utilisant les outils de son temps pour assurer une transition durable et intelligente. Vous reconnaissez-vous finalement dans ce concept ? A mon avis, oui. Toutes les villes et communes mettent en place des projets permettant d’optimiser la vie sur leur territoire. Pour la plupart, elles œuvrent, à des échelles différentes, au développement d’une démarche durable et intelligente, sans forcément en prendre conscience. C’est dans ce sens, que la participation des villes et communes belges à ce genre d’enquête est primordiale, qu’importe leur taille, nature et niveau de formalisation de stratégies ou projets Smart City. Elles contribuent toutes, à leur façon, à la dynamique et il est important de tenir compte de tous types de démarches, puisque représentatives de la tendance qui se développe en Belgique.  

 Pour aller plus loin : Consulter l’article « La Smart City, un terme dépassé? » paru dans La Libre

  • Que peut-on s’attendre à retrouver dans le rapport de cette nouvelle étude ? Comment les communes vont-elles pouvoir s’approprier les résultats ?

« Grâce à la participation des villes et communes belges, nous proposerons, cette année encore, deux rapports : un premier retraçant les grandes tendances sur l’ensemble du territoire belge, ainsi qu’un second 100% wallon.

Dans un premier temps, le rapport apportera des éléments de réponse à propos de l’importance accordée par nos communes à la dynamisation économique, sociale et touristique ainsi que l’image de marque qu’elles véhiculent. Il mettra également en évidence les actions développées par ces communes en vue de renforcer leur attractivité ainsi que les acteurs stratégiques (styles d’entreprises, de touristes, de citoyens ou d’acteurs aux compétences spécifiques) qu’elles souhaitent attirer et fidéliser.

Ensuite, le rapport mettra en exergue le niveau de collaboration des villes et communes avec ces différents acteurs et les types de partenariats développés afin de s’inscrire dans une transition durable et intelligente. Un focus sera par ailleurs accordé aux de projets « Smart City » que les villes envisagent de développer au cours des cinq prochaines années dans le but de renforcer l’attractivité et la dynamisation de leur territoire.  

Pour finir, sur base des analyses statistiques, le rapport soulignera aussi les potentielles corrélations existantes entre, par exemple, les orientations d’un projet Smart City, la formalisation d’une véritable vision stratégique et la mise en place d’un programme de dynamisation territoriale.

Ce baromètre permettra donc aux acteurs communaux d’avoir une idée globale et fiable de la dynamique en place en Belgique et des tendances qui se dégagent en termes de projets développés par les communes issues de régions ou de provinces différentes, mais également de nature différentes (densité démographique, niveau de ruralité…). »

  • Comment valorisez-vous les résultats récoltés durant l’enquête ? Avez-vous des pistes concrètes ?

« En plus de constituer une source d’information à destination du grand public, ce baromètre nous permet, à l’institut, de développer des projets concrets. Par exemple, les études précédentes ont mis en exergue un besoin des villes de se former sur les démarches à suivre pour assurer une formalisation efficace d’une stratégie Smart City, sur la participation citoyenne ou encore la gestion de la donnée. A cet effet, nous développons des Guides Pratiques, des formations et des journées de sensibilisation afin de répondre aux besoins des communes, mais aussi plus largement des autres acteurs de nos territoires, privés comme publics. Ce baromètre permet également d’orienter les discussions et débats lors des conférences et journées inspirantes que nous organisons (cfr le Smart Inspiration Day qui aura lieu le 16 mai prochain) lors desquelles différents acteurs du secteur public, privé et de la société civile ont l’opportunité d’échanger et de se mettre en relation.

Mais ce baromètre représente également un bon outil de veille et une véritable mine d’informations pour d’autres acteurs clés, tels que des intercommunales, des startups ou encore des entreprises de l’industrie et du conseil, qui se réfèrent à notre étude afin de pouvoir offrir des solutions adaptées aux besoins des villes. Que ce soit pour développer ensemble des projets spécifiques à caractère durable et intelligent, ou pour les soutenir dans leur transition à l’échelle nationale, régionale ou locale.

Enfin, au-delà de l’apport certain à l’écosystème, le baromètre enrichit aussi la recherche scientifique. Les données anonymes issues de l’enquête sont utilisées par nos chercheurs, en vue de développer des articles scientifiques et des communications présentées lors de conférences nationales et internationales. Ces résultats alimentent les théories de la revue de la littérature en Smart City, et permettent aux chercheurs internationaux de s’inspirer de notre étude et de proposer des recherches complémentaires à la nôtre. »

Vous souhaitez apporter votre contribution à l’enquête ? Participez avec votre commune avant le 6 mai et tentez de remporter une présentation des chiffres clés de l’étude pour votre commune !

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Les résultats de ce 3ème baromètre seront disponibles dès la rentrée académique 2019-2020. Vous souhaitez les recevoir en primeur ? Inscrivez-vous à notre newsletter dès maintenant !

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